Art, journaux, fleurs, livres et Big Magic - Mon processus créatif pour l'Envol

Décortiquer mon processus créatif

La semaine dernière, j’étais dans un entretien d’embauche; le deuxième depuis le début de l’année, le troisième seulement depuis le début de ma carrière. Cela ne s’est pas très bien passé, même vraiment pas bien pour être honnête, et je suis certaine que je n’aurais pas le job. Par contre, c’était un espace d’apprentissages fabuleux, pour la confiance en moi, pour affirmer ma place dans les milieux créatifs et pour me rendre compte, encore une fois, que je vis dans un « monde parallèle » depuis que je suis devenue freelance.

Les questions étaient si normées, si peu adaptées à mon profil, qu’ils devaient les réciter depuis une feuille. Et j’ai eu beau faire du mieux que j’ai pu, je n’ai pas su me glisser dans ces cases. Cependant, plusieurs questions m’ont faite réfléchir, comme: « Comment créez-vous un nouveau contenu? » ou « quels systèmes mettez-vous en place pour tenir un deadline? » Des questions très rationnelles, qui décortiquent la créativité étape par étape. Evidemment, je me suis retrouvée incapable de vraiment répondre à ces questions, comme tant de fois par le passé.

Ecrire, créer du contenu est pour moi, depuis toujours, une seconde nature. J’en discutais encore récemment avec une amie, lui expliquant que créer des articles et écrire sur Voyages et Vagabondages n’avait jamais été compliqué, comment l’inspiration n’avait jamais manqué et comment, en moins de 10 ans, j’avais écrit 600 articles, sans jamais avoir de blocage créatif en termes d’inspiration. Ma simple structure, mon »système » consiste en prendre du temps pour le faire, m’asseoir devant mon ordinateur ou un cahier et avoir mis en place une plateforme où je peux facilement écrire et partager ce contenu, qu’elle soit WordPress, une plateforme de type Patreon, sur les réseaux sociaux, un fichier Scrivener pour écrire un roman, un fichier Final Draft pour un scénario, les notes de mon téléphone pour un poème impromptu… Peut-être cela nécessite-t-il également une structure en termes de temps, d’énergie, d’espace; en ayant par exemple un espace dédié à la création chez moi, un café préféré ou en prenant un train pour me laisser porter par le flow, et en ayant fait le ménage, rangé mon espace et en prenant soin de moi.

Un processus créatif intuitif

Alors non, je suis incapable de décortiquer comment je crée et comment je rends mon travail dans les temps, car cela n’a jamais été un problème, cela a toujours été instinctif. Je suis d’ailleurs convaincue que les systèmes et les structures ne peuvent être mis efficacement en place, qu’une fois que l’on a libéré notre créativité, que l’on a laissé le flow nous porter, que l’on a confiance en ce qui sort, que l’on ne bloque pas inconsciemment cette créativité, cette idée, sous peine de laisser la structure étouffer, incarcérer, modeler la créativité. Pourquoi suis-je si prolifique depuis 11 ans? Parce que ma nature est créative par essence (comme la majorité, si ce n’est toute l’humanité), parce que je suis Generator en Human Design, avec la porte 1 de la créativité, et la porte 11 des idées, de l’inspiration entre autres, et parce que je n’ai pas laissé la structure, l’ordre, les cases venir définir ma créativité, mes idées, mes projets. Mais aussi, parce que je ne juge pas les idées, les mots qui sortent et que je les laisse être publiés, être vus et lus, par celleux qui en ont le besoin, l’envie, qui en ressentent l’appel aujourd’hui ou même dans 10 ans.

J’écris cet article entre deux rendez-vous, laissant les mots me porter où bon leur semble, en sachant très bien que je ferai peu de retouches à la seconde passe et qu’il sera publié comme tel. Parce que cela a toujours été mon processus créatif. C’est d’ailleurs ce que j’enseigne à mes client.es coaching et dans le programme La Bulle: laisser les idées, le flow, l’intuition te porter avant de les juger, avant de les mettre dans des cases, avant de s’enfermer dans les attentes et les projections de la société. Je n’enseigne pas mon processus créatif, car il est indécortiquable, et parce qu’il est mien, unique et correspond à mon propre mode de fonctionnement. A chacun de trouver son mode de fonctionnement et de créativité.

L’année dernière en Master d’écriture de scénarios, j’interrogeais mes pairs, mes professeurs, mes mentors sur leur propre processus créatif, car je trouve fascinant de voir et de dérouler les différents modes de travail et d’écriture. J’ai d’ailleurs consacré plusieurs interviews des Wayshowers à ce sujet, lors du mois de la créativité. Je les interrogeais également pour me rassurer, parce que j’avais peur d’affirmer et d’admettre que ce processus était pour moi si simple, si inconscient, si intuitif, que je n’avais pas besoin de structurer quoi que ce soit – même en écrivant un film complexe – que je n’avais pas vraiment besoin de réfléchir, qu’il me suffisait d’aller marcher, de laisser le temps, de danser, de m’ancrer dans mon corps et mon intuition et que l’idée, les mots, la solution à un problème créatif apparaîtraient quand il serait temps, pile à temps pour mon deadline (cette question de la gestion du temps est un tout autre sujet dont je vous parlerai dans un autre article).

Le processus créatif pour L’Envol

L’Envol, ma série audio intuitive, est la première fois que je mets vraiment en lumière publiquement mon processus créatif. La première fois que je lui fais entièrement confiance, sans compter sur un autre brouillon ou une réécriture pour me sauver la mise, si je me suis trompée. La première fois que je déroule le fil de mon processus créatif, sur un projet long, en public, et que je fais confiance que la structure sera inhérente, parfaite telle qu’elle est et que le projet nous portera là où il doit aller, jusqu’à la fin de la série qu’elle qu’elle soit. C’est un pari et un risque créatif, mais aussi un acte ultime de confiance dans ce processus créatif qui me porte depuis tant d’années. Et je dois dire que je n’ai plus peur, et que je sais que, quoiqu’il arrive, ce projet sera ce qu’il doit être, dans le fond et la forme, dans sa portée et sa voix.

J’ai écrit le premier chapitre de l’Envol dans l’élan de la nouveauté. Je savais par quoi je devais commencer et cela correspondait au début de plan que j’avais tracé. Il y a quelques jours, je me suis mise à l’écriture du Chapitre 2. Portée par mon intuition vers mon cahier au bon moment, les premiers mots ont fait surface dans mon conscient. Cela ne correspondait pas au chapitre que j’avais prévu d’écrire. Il était temps de barrer ce plan illusoire et d’avoir confiance, entièrement. J’ai écrit sur le papier ces mots inconfortables. Je ne savais pas où ce chapitre allait me porter, mais j’en ressentais déjà l’inconfort. Ce dont je ne voulais pas parler tout de suite, ce que j’avais prévu de garder pour le milieu de l’ouvrage, comme pour cacher tout cela quelque part au milieu du projet, ressurgissait maintenant et j’allais devoir y faire face, dans mon écriture et dans ma vie. Et aussi douloureux, inconfortable ou déchirant que cela puisse être, c’était exactement le bon moment et j’étais prête. Et il était surtout important de ne pas juger, de tenir cette promesse de l’Envol et de faire confiance qu’il y avait une raison que j’étais guidée vers ces mots. Mes mots ne m’ont jamais trahie, et ils ne vont pas commencer à le faire maintenant. S’ils sortent ainsi, quelqu’un a besoin de les entendre et de les lire. Peut-être que c’est moi, peut-être que c’est moi et/ou quelqu’un d’autre, mais il ne m’appartient pas de les juger ou de les rendre plus « acceptables ».

Art, journaux, fleurs, livres et Big Magic - Mon processus créatif pour l'Envol

Pour le moment, mon processus créatif pour l’Envol est très simple. Je m’assoie devant mon cahier quand j’en ressens l’appel. J’écris à la main, me reconnectant au papier, au physique, enlevant le filtre trop facile de la touche « Supprimer », et laissant les mots aller là où ils le souhaitent. Quelques jours plus tard, avant l’enregistrement, je relis le chapitre à haute voix, m’entraînant une ou deux fois, ne changeant les mots que s’ils ne sonnent pas bien à l’oral, ne résonnent pas bien dans la continuité du chapitre ou si un mot me semble soudainement plus approprié.

Je ne peux m’empêcher alors de penser au concept de la subvocalisation, au fait que je n’ai jamais subvocalisé de ma vie (l’acte de prononcer à haute voix dans sa tête en lisant, mais aussi d’avoir une voix dans sa tête en permanence) et que forcément j’écris différemment. La sonorité d’un texte n’a jamais été ma priorité; les émotions, les images, les concepts prenant le pas dans mon écriture. De lire à haute voix me permet de m’assurer que cela va fonctionner en audio.

Et puis, je branche mon micro, je lance mon logiciel d’enregistrement et j’enregistre une ou deux fois, si jamais j’ai dérapé sur quelques mots. Je réécoute et je coupe les silences du début et de la fin… et c’est tout. Le texte et le chapitre sortent donc de la manière la plus brute possible.

Entre doutes et affirmation de ma voix

C’est un tout nouvel exercice pour moi et j’ai de nombreux doutes, qui m’assaillent aux étapes qui me sont inconnues ou peu familières. Est-ce que ma voix passe bien en audio? Comment apprendre le rythme de l’audio et rendre l’émotion du texte dans ma diction? Est-ce que je ne me suis pas embarquée dans quelque chose de bien trop ambitieux? Est-ce vraiment ce chapitre qui veut voir le jour maintenant? N’est-ce pas trop personnel, trop vulnérable? Et ce n’est que le début, n’ayant seulement écrit actuellement que deux chapitres… Mais pour le moment, je repousse au loin cette voix qui doute, car je sais que j’ai été guidée vers l’Envol pour une raison, je sais que ce projet a besoin d’être entendu, autant pour moi que pour son audience.

Ecrire le texte de l’Envol est un acte vulnérable, tout comme le serait de le publier d’une quelconque manière que ce soit. Passer par l’audio, par la voix et par la publication sur le moment, « en temps réel », rend cela encore plus risqué. On pourrait associer ce projet au blogging, au podcast, mais par sa forme littéraire, par sa forme qui se veut, à terme, finie, sous forme de livre audio à un moment t, par le fait que ce texte sera sans doute le plus personnel et le plus honnête que j’ai publié, cela semble être entré dans une autre dimension. Et je sais déjà, que cela fait partie du processus de guérison, que c’est dans l’alignement des valeurs, de la promesse et du récit de l’Envol. Ce récit qui raconte comment je me suis souvenue, comment j’ai trouvé ma voie / voix, ne pouvait que passer par l’affirmation de ma voix et par ma voix tangible et physique. Il y a quelques années, ma voix presque inaudible faisait rire la galerie. Aujourd’hui, je suis prête à la porter, à crier, à clamer, à chanter.

Alors quand j’ai des doutes, quand je préférerais ne pas écrire un chapitre, ne pas le publier, je me souviendrais encore et toujours de la puissance de ce processus créatif et de son honnêteté. Et même si je suis terrifiée, je continuerai d’écrire, d’apprendre, de raconter, de dire l’Envol à haute voix, de le partager et de me connecter à ses lecteurs.rices. Parce que c’est exactement sa mission, pour moi et pour son audience.

Et je me réjouis déjà de venir raconter ici l’évolution de ce processus créatif, au fil des mois et des chapitres, et les apprentissages qui en ressortiront. Le processus créatif, personnel et collectif est constamment évolutif et je suis ravie de rajouter ma pierre à l’édifice.

Si tu souhaites en savoir plus sur l’Envol, c’est par ici. Si tu souhaites te le procurer et faire partie du voyage, c’est par là. Quant au Prélude, tu peux l’écouter ici, ou sur la vidéo Youtube ci-dessous.

Bonne écoute, bon Envol!

Et toi, à quoi ressemble ton processus créatif, artistique ou d’écriture? Intuition ou rationalité? Ordre ou chaos? Flow ou structure?

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3 Comments

  1. […] Mon livre audio intuitif, L’Envol, raconte de manière poétique, intuitive, expérientielle, spirituelle et philosophique ce processus de guérison, du burnout à la réinvention, ainsi que « l’après-guérison » autour de thématiques universelles comme la mission de vie, l’appartenance, l’amour et le sens. Ecrire ce livre en live, chaque semaine, sans savoir où il m’emmène, où il nous emmène est un processus de guérison, un retour au présent, à la compréhension et au lâcher prise du passé et en confiance du futur. C’est un processus créatif unique et passionnant. […]

  2. […] La créativité intuitive ou l’intuition créative, semble illimitée, plus on la cultive, plus on joue avec, plus on l’accueille sans jugement, sans attentes, sans forcer, sans rétention. Elle continue de me surprendre chaque jour, en chaque création. Elle est une ancre dans ma vie et dans ma créativité et je sais qu’elle sera toujours là pour me guider, me rassurer et m’inspirer. La libérer, la laisser s’exprimer sans qu’elle soit étouffée par la raison, la logique, les peurs, les doutes est un processus, un apprentissage et une pratique. C’est ce que j’enseigne dans La Bulle, mon cours en ligne pour libérer ta créativité et trouver ton artiste intérieure et ta voix/e artistique et créative. […]

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